L'Économie Sociale
  Coopérer

 

C'est agir ou faire avec quelqu'un d'autre.

Mettre en œuvre ą plusieurs, entreprendre ensemble.

La coopération est au cœur de l'intelligence collective.

UN PROJET - UN ACTEUR

Michel GUIONNET , actuellement Président de la Fédération Régional des Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole (CUMA), est un acteur du renouveau de la coopération agricole.

Qu'est ce qu'une CUMA ?

La CUMA appartient à la famille des coopératives de service qui mettent à disposition de leurs sociétaires les moyens nécessaires à leurs exploitations. Le capital social permet d'acquérir une partie du matériel nécessaire à l'activité de la coopérative et de garantir les emprunts servant à financer le reste.

Il y a aujourd'hui plus de 13 500 CUMA en France.

Chacune à des spécificités définies dans ses statuts et règlements intérieurs. La maîtrise des charges de mécanisation sur les exploitations est une nécessité. La CUMA est un moyen d'y parvenir. Elle est aussi un lieu d'échanges, de contacts entre les hommes.

Qu'est ce que l'AFDI?

L'association Agriculteurs Français et Développement International est une fédération composée d'une coordination nationale et de structures départementales et régionales, ayant chacune une personnalité juridique et un fonctionnement autonome. C'est un mouvement de professionnels pour développer la solidarité agissante du monde agricole français créée en 1975.

Elle remplit une triple mission :

informer les agriculteurs français sur la situation et les besoins des agriculteurs des Pays en Développement,
établir des relations avec les agriculteurs de ces pays , afin de permettre une connaissance réciproque,
mettre en œuvre des actions au côté des agriculteurs des pays du "Sud" pour améliorer leurs conditions de vie.

Le stand que la Fédération Régionale des CUMA a animé lors du Forum de l'économie sociale, le 23 novembre 2001, nous a rendu visibles leurs actions.

L'une d'elles est le développement de la coopération agricole au Tchad notamment dans le Logone oriental.

Michel GUIONNET, un soudeur expérimenté...et un coopérateur chevronné !!!

Les étapes d'une coopération riche pour une autonomie accrue :

Préparation des objectifs et du lieu de coopération entre 1986 et 1990. Après la guerre, grâce à un contact en 1986 entre le Ministre tchadien de l'agriculture et l'AFDI Poitou-Charentes, un travail de reconnaissance de quatre années s'est établi. Le Logone oriental a été choisi ainsi que les trois objectifs de la coopération:

    • appui à la filière vivrière;
    • développement de la culture attelée;
    • appui aux organisations paysannes.

De 1990 à 1995, le projet AFDI était à la fois conseiller et bailleur puis s'est progressivement recentré sur des activités de conseil, de formation et une fonction d'intermédiaire entre les organisations paysannes et les bailleurs.

Depuis 1995, la nouvelle étape est de créer des partenariats directs entre organisations paysannes françaises et tchadiennes. Depuis 1998 le suivi du projet est fait par un tchadien. Ainsi en 2000, l'Association Tchadienne des Acteurs de Développement Rural (ATADER) est créée pour prendre le relais de l'AFDI et servir de concertation entre les organisations professionnelles membres.

Les résultats de ce partenariat :

Les Groupement d'Utilisation du Matériel Agricole en Commun (GUMAC) sont au nombre de 800 dans le Logone oriental ( 40 GUMAC villageoises et une association régionale). Une structuration régionale et une reconnaissance par l'État est en œuvre. Des partenariat entre la Fédération deux-sévrienne des CUMA et l'Association des GUMAC permettent cette structuration mais aussi des actions de formation par l'échange. Ainsi les GUMAC ont sollicité la France pour un besoin en "maintenance d'engin agricole". La FD 79 a envoyé un de leur salarié au Tchad.

Les femmes en Afrique: un enjeu majeur du développement sur ce continent !

Afin de développer la culture attelée, il était nécessaire de reconstruire un réseau de forgerons après la guerre civile. Ce fut fait par un programme de formation initié par l'AFDI mais réalisé par 9 techniciens tchadiens. Sans s'approvisionner à l'extérieur, par la récupération, les 400 forgerons, regroupés au sein d'une fédération régionale, peuvent assurer les petites réparations les charrues et les charrettes. Une collaboration s'est initiée entre cette fédération et l'atelier de menuiserie métallique devenu une SARL tchadienne (SOTEQAD) en 1995.

Le Tchad produit assez pour les besoins alimentaires de sa population. Cela n'empêche pas la famine! Le besoin d'argent de la population les oblige à vendre une partie de leur récolte à des spéculateurs. La nécessité s'est fait alors ressentir de construire des greniers communautaires pour gérer au mieux la récolte par des Banques Céréales Villageoises. En 2000, ces BCV se sont regroupées (KOMADJI) afin d'éviter les intermédiaires spéculateurs et de commercialiser les excédents. Un plan de formation s'est réalisé en 2001 avec le partenariat picto-charentais.